Après la défaite 7-0 des Étalons face à l’Argentine, le président Ibrahim Traoré a décrété une restructuration totale du football burkinabè. La CAF, elle, demande des explications aux autorités sur un risque d’ingérence politique, selon Afrik-Foot.
Le football burkinabè est secoué par une crise. Selon Afrik-Foot, la Confédération Africaine de Football a officiellement demandé des explications aux autorités du pays, dans un contexte de restructuration menée par le président de la transition Ibrahim Traoré. En ligne de mire : un risque d’exclusion des compétitions internationales si les statuts de la FIFA interdisant l’ingérence politique venaient à être violés.
Le site spécialisé, qui a publié l’information le 15 octobre 2026, relie cette séquence à la lourde défaite des Étalons face à l’Argentine, un 7-0 encaissé début octobre qui a mis le feu aux instances sportives nationales. La Fédération Burkinabè de Football se retrouve ainsi au cœur d’un dossier où sport et politique se télescopent, sans qu’aucune sanction n’ait pour l’heure été prononcée.
Un 7-0 qui met le feu
Le déclencheur est une déroute. Début octobre, la sélection burkinabè s’incline 7-0 face à l’Argentine, un score qui a provoqué une violente crise au sein des instances sportives nationales, d’après Afrik-Foot. Le président de la transition a décrété une restructuration totale du football local, avec à la clé une nouvelle loi sur le sport et un nouveau format de championnat.
Le dirigeant ne s’en tient pas au terrain. Il fustige un déséquilibre financier : l’État finance l’ensemble des primes et des déplacements sans pouvoir contrôler les fédérations, selon la même source.
La CAF sort du silence
Face aux risques d’ingérence politique dans les affaires fédérales, la CAF a officiellement demandé des explications aux autorités burkinabè. La Confédération, présidée par Patrice Motsepe, s’inquiète d’une ingérence que les statuts de la FIFA interdisent. Le risque est connu : une exclusion des compétitions internationales pour la sélection et sa fédération si une violation était constatée.
À ce stade, rien n’est acté. Il s’agit d’un risque encouru, pas d’une suspension décidée ou imminente. La réponse formelle de la Fédération Burkinabè de Football et du ministère des Sports est attendue sous peu auprès de la CAF et de la FIFA.
Ce que dit Traoré
Le président de la transition a lui-même posé les termes du débat, dans des propos rapportés par Afrik-Foot : « Quand on parle de football, c’est l’État qui fait presque tout. Le déplacement, les primes de sélection, de matchs, de victoire… C’est l’État qui paye tout. Même les supporters. Ce sont des milliards [de FCFA] injectés. À l’intérieur, ce sont des subventions vis-à-vis des clubs. Donc la Fédération ne fait quasiment rien. Tout repose sur les épaules de l’État, mais l’État n’a aucun droit de dire quoi que ce soit. »
Un argument de financeur, qui ne règle pas la question institutionnelle : c’est précisément ce « droit de dire quoi que ce soit » que les statuts de la FIFA encadrent, en interdisant l’ingérence politique. Le dossier intervient alors que le Burkina Faso vient d’être éliminé des qualifications pour la Coupe du monde 2026 au profit de l’Égypte et du Nigeria, selon Sport News Africa, et qu’il porte avec le Mali et le Niger une co-candidature à l’organisation de la CAN 2032 sous l’égide de l’Alliance des États du Sahel.
Sur un autre front, les Étalons Dames ont éliminé la Guinée équatoriale au 2e tour des éliminatoires des JO 2028. Leur prochain rendez-vous officiel est fixé au 3e tour, face à l’Algérie, en février 2027.
