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Ali Abdi contraint de quitter Nice avant l’heure : la Tunisie réclame son joueur, Puel ne décolère pas

Entre devoir envers sa sélection et loyauté envers son club, Ali Abdi n’avait peut-être pas le choix. Le latéral gauche tunisien de l’OGC Nice a quitté le club sans accord formel de la direction pour rejoindre la Tunisie et préparer la Coupe du Monde 2026, à la veille du match aller de barrage de Ligue 1 contre Saint-Étienne. Une situation explosive qui met en lumière le bras de fer permanent entre les clubs européens et les fédérations africaines lors des grands rendez-vous internationaux.

La FIFA a décidé de libérer tous les internationaux qualifiés pour le Mondial dès le 25 mai — soit la veille du match aller Nice-Saint-Étienne — pour rejoindre leurs sélections respectives. Six joueurs niçois étaient directement concernés. Le club a su trouver des arrangements avec le Sénégal, qui a libéré Diouf et Mendy pour les barrages, et avec la Côte d’Ivoire pour Wahi. Mais la Fédération tunisienne, elle, a maintenu sa position : Ali Abdi devait rejoindre le groupe national avant même les deux rencontres décisives. Coincé entre l’injonction de sa fédération et l’attachement à son club, le défenseur a finalement pris l’avion. Claude Puel a réagi sèchement en conférence de presse : «Il s’est envolé. Je compte sur les joueurs que j’ai à ma disposition et qui seront à l’entraînement tout à l’heure. Les autres ne m’intéressent pas.» Des mots glaciaux qui traduisent la frustration d’un entraîneur privé d’un titulaire à l’heure la plus cruciale de la saison.

Ce dossier dépasse largement le simple fait divers sportif. Il illustre une tension structurelle bien connue sur le continent africain : les fédérations, portées par l’euphorie du Mondial 2026 co-organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique, entendent préparer leurs équipes dans les meilleures conditions, quitte à bousculer les calendriers des clubs européens. Pour les joueurs africains évoluant en Europe, ce tiraillement est une réalité permanente. Ali Abdi, lui, n’est ni un fugitif ni un traître à son club — il est avant tout un international tunisien soumis à une décision de sa fédération nationale. L’issue des barrages Nice-Saint-Étienne dira si son absence a pesé lourd dans la balance.